D’un côté ça brûle, et de l’autre ça rôti - par Claude

lundi 2 février 2026
par  Dark Funifuteur
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Claude :
Cette expression française joue sur deux modes de cuisson différents pour décrire une situation difficile où l’on se trouve pris entre deux contraintes également problématiques - un peu comme l’expression "être pris entre le marteau et l’enclume" ou "tomber de Charybde en Scylla".

L’image évoque quelqu’un coincé entre deux sources de chaleur : d’un côté le feu qui brûle directement, de l’autre la chaleur qui rôtit. Dans les deux cas, la situation est inconfortable et il n’y a pas vraiment d’échappatoire.

C’est une façon imagée de dire qu’on fait face à un dilemme où toutes les options semblent mauvaises, ou qu’on subit des pressions contradictoires de différents côtés.

Vous utilisez cette expression pour décrire une situation particulière que vous vivez actuellement ?

Bien sûr ! Voici une exploration plus approfondie de cette expression :

## Origine et sens littéral

L’expression "d’un côté ça brûle, de l’autre ça rôtit" trouve ses racines dans l’univers culinaire et la torture par le feu. Elle évoque l’image de quelqu’un littéralement coincé entre deux sources de chaleur intense - impossible de bouger sans souffrir davantage.

## Les nuances de l’expression

**La différence entre brûler et rôtir** n’est pas anodine :
 **Brûler** suggère une destruction rapide, violente, directe - quelque chose d’immédiat et de douloureux
 **Rôtir** évoque une cuisson plus lente, progressive, tout aussi pénible mais différente dans sa nature

Cette distinction souligne que les deux menaces ne sont pas identiques, mais qu’elles sont toutes deux inévitables et désagréables.

## Situations d’application

Cette expression s’applique particulièrement bien à :

**Dans le monde professionnel** : un manager pris entre les exigences de sa hiérarchie qui demande plus de résultats, et son équipe qui réclame moins de pression

**En famille** : un parent coincé entre un enfant qui veut quelque chose et l’autre parent qui s’y oppose fermement

**En politique** : un élu tiraillé entre les promesses faites à ses électeurs et les réalités budgétaires ou les compromis nécessaires

**Financièrement** : quelqu’un qui doit choisir entre payer un loyer exorbitant ou déménager loin de son travail

## La dimension psychologique

Ce qui rend cette situation particulièrement difficile, c’est l’absence de "bonne" solution. Chaque choix implique un sacrifice, une douleur. C’est cette absence d’issue confortable qui caractérise vraiment l’expression.

Il y a aussi une dimension d’**immobilisme forcé** - on ne peut pas simplement s’échapper de la situation. On est contraint de subir, quelle que soit la direction qu’on prenne.

## Expressions voisines

D’autres expressions françaises évoquent des dilemmes similaires :
 "Être entre le marteau et l’enclume"
 "Être pris en étau"
 "Naviguer entre deux eaux"
 "Être tiraillé"

## Une réflexion philosophique

Cette expression touche à une vérité fondamentale de l’existence humaine : nous sommes souvent confrontés à des choix où aucune option n’est parfaite. La sagesse ne consiste peut-être pas à trouver la solution idéale (qui n’existe pas), mais à accepter l’inconfort du choix et à décider quelle "chaleur" on préfère affronter.

Parfois, la seule vraie liberté dans ces situations est de choisir consciemment son fardeau plutôt que de le subir passivement.

## Le Dilemme de Margot

Margot, 34 ans, travaille depuis huit ans comme responsable marketing dans une PME familiale de cosmétiques bio à Lyon. Son patron, Monsieur Arnaud, l’a formée, lui a fait confiance, et la considère presque comme sa fille. L’entreprise traverse une période difficile depuis six mois.

### D’un côté, ça brûle...

Un grand groupe international lui propose un poste de directrice marketing Europe, basé à Paris. Le salaire triple, les perspectives d’évolution sont immenses, c’est le job de ses rêves. Mais il faut donner une réponse dans 48 heures. Le recruteur est clair : "C’est maintenant ou jamais, nous avons d’autres candidats."

Margot a toujours rêvé de cette opportunité. À 34 ans, elle sait que ce genre de chance ne se représentera peut-être pas. Son compagnon, Thomas, est enthousiaste - il peut facilement trouver du travail à Paris dans l’informatique.

### De l’autre, ça rôtit...

Mais hier soir, Monsieur Arnaud l’a convoquée dans son bureau. Il lui a confié, les larmes aux yeux, que l’entreprise est au bord du dépôt de bilan. Il a besoin d’elle pour restructurer la stratégie commerciale. "Tu es la seule en qui j’ai confiance pour sauver ce que nous avons bâti ensemble. Sans toi, c’est fini. Quinze employés à la rue."

Il lui a aussi révélé qu’il a un cancer et qu’il compte sur elle pour prendre la relève dans deux ans. "J’avais prévu de t’en parler le mois prochain, mais... je te demande juste six mois. Six mois pour stabiliser la boîte. Après, si tu veux partir, je comprendrai."

### Le brasier émotionnel

Margot ne dort plus. Elle sait que :

 Si elle refuse Paris, elle risque de le regretter toute sa vie. Le groupe ne la rappellera jamais.
 Si elle part maintenant, elle abandonne un homme malade qui a cru en elle, et probablement condamne quinze personnes au chômage.
 Si elle demande un délai au recruteur, il prendra quelqu’un d’autre.
 Si elle demande à Monsieur Arnaud de la libérer, il le fera par bonté, mais elle sait ce que ça implique pour lui.

Sa mère lui dit : "Pense à toi, ma chérie. Tu ne peux pas sacrifier ta vie par culpabilité."

Son meilleur ami lui répond : "Ton patron a eu huit ans pour préparer sa succession. Ce n’est pas ton problème."

Mais Margot se souvient de tous ces déjeuners où Monsieur Arnaud lui parlait de ses filles qui n’ont jamais voulu reprendre l’entreprise. Elle se souvient qu’il l’a augmentée quand elle a eu des difficultés financières, sans qu’elle le demande.

**D’un côté, Paris brûle d’urgence et d’opportunité. De l’autre, Lyon la rôtit lentement dans la loyauté et la culpabilité.**

Et Margot doit choisir. Ce soir.

## Le Dilemme de Margot - Version Complète

### LUNDI MATIN - 9h30

Margot pousse la porte vitrée de **Naturalia Cosmétiques**, cette PME de 15 employés nichée dans le 6ème arrondissement de Lyon. L’odeur familière de lavande et de karité flotte dans l’air. Elle salue Fabienne à l’accueil, comme tous les matins depuis huit ans.

Son téléphone vibre. Numéro parisien inconnu.

"Margot Delvaux ? Stéphanie Mercier, DRH de BeautyLux International. Nous avons examiné votre profil suite à votre candidature il y a trois mois. Pourriez-vous être disponible pour un entretien demain à Paris ?"

Le cœur de Margot s’accélère. BeautyLux. LE géant mondial. Elle avait postulé presque par jeu, sans vraiment y croire, lors d’une soirée déprimante où Thomas et elle s’étaient disputés sur leur avenir à Lyon.

### MARDI - PARIS, 14h00

Le siège de BeautyLux, tour de verre et d’acier à La Défense. Margot porte son tailleur bleu marine, celui des grandes occasions.

L’entretien dure trois heures. Elle rencontre successivement :
 Stéphanie Mercier, DRH Europe
 Jean-Marc Valentin, Directeur Marketing Monde
 Et enfin, en visio, la CEO elle-même, Amanda Fitzgerald, depuis New York

Margot parle de sa stratégie digitale qui a fait grimper les ventes de Naturalia de 230% en trois ans. Elle présente sa campagne "#BioSansCompromis" qui a fait parler d’elle dans la presse spécialisée. Elle évoque ses analyses du marché asiatique, ses contacts avec des influenceurs, sa compréhension des codes du luxe éthique.

Amanda Fitzgerald sourit. "Margot, vous êtes exactement ce que nous cherchons. Quelqu’un qui comprend l’authenticité, mais qui sait aussi jouer dans la cour des grands."

### MARDI - 18h30, RETOUR EN TGV

Jean-Marc Valentin l’appelle alors qu’elle est dans le train.

"Margot, je vais être direct. Nous voulons vous proposer le poste de **Directrice Marketing Europe** pour notre division Luxe Éthique. Nouveau département, 45 personnes sous votre responsabilité, bureaux à Paris, déplacements réguliers à Londres, Milan, Barcelone."

Il laisse un silence.

"Salaire : 120 000 euros brut annuel, plus bonus pouvant atteindre 40%, voiture de fonction, package relocalisation de 15 000 euros, stock-options. Prise de poste le 1er mars, soit dans cinq semaines."

Margot en gagne actuellement 42 000.

"Il y a un mais," continue Jean-Marc. "Nous avons deux autres candidats finaux. Amanda veut une réponse jeudi avant 17h. C’est serré, je sais, mais nous devons boucler ce recrutement rapidement. Le département doit être opérationnel pour le lancement de notre nouvelle ligne en juin."

Margot raccroche, étourdie. Elle regarde défiler le paysage par la fenêtre. C’est irréel.

### MARDI - 21h15, CHEZ ELLE

Thomas, son compagnon depuis six ans, explose de joie.

"Margot ! C’est énorme ! Tu te rends compte ?! BeautyLux ! On va pouvoir acheter un vrai appartement, on va voyager, on va enfin VIVRE !"

Thomas, développeur web, s’est toujours senti à l’étroit à Lyon. Parisien d’origine, il a suivi Margot par amour mais n’a jamais caché qu’il s’ennuyait. Leurs disputes récentes tournaient souvent autour de ça : lui voulait rentrer à Paris, elle trouvait leur vie lyonnaise confortable.

"Je peux trouver du boulot en deux semaines à Paris," dit-il en consultant déjà Leboncoin pour des appartements. "Regarde, un trois-pièces à Montreuil, c’est cher mais avec ton salaire..."

Margot sourit, mais quelque chose la tiraille. "Je dois parler à Monsieur Arnaud demain."

"Évidemment," répond Thomas, "pour donner ta démission. Un mois de préavis, c’est dans ton contrat non ?"

### MERCREDI - 9h00, BUREAU DE M. ARNAUD

Margot frappe à la porte. Monsieur Arnaud lève les yeux de ses dossiers. Il a 64 ans, les cheveux gris, ce regard bienveillant qui l’a toujours rassurée.

"Margot, ma petite, justement je voulais te voir. Assieds-toi."

Il a l’air fatigué. Plus que d’habitude.

"J’ai eu les résultats hier soir. Cancer du pancréas, stade 2. Opérable, mais..." Il soupire. "Six mois de chimio minimum. Je vais devoir lever le pied."

Margot se fige. Elle ouvre la bouche, la referme.

"Attends, ce n’est pas pour te faire pleurer que je te dis ça," continue-t-il avec un sourire triste. "C’est pour te parler de l’avenir. TU ES l’avenir de cette boîte, Margot. Mes filles ne veulent rien savoir de Naturalia. Elles font de la finance à Londres et ne reviendront jamais."

Il sort un dossier.

"Les chiffres de janvier sont catastrophiques. Notre principal distributeur, Biocoop Sud-Est, nous a lâchés pour un concurrent espagnol moins cher. On a perdu 35% de notre chiffre d’affaires. J’ai fait des calculs... sans restructuration immédiate, on dépose le bilan en juin."

Il la regarde droit dans les yeux.

"Margot, j’ai besoin de toi. Je veux que tu prennes la direction commerciale immédiatement, en plus du marketing. Augmentation de 12 000 euros par an. Dans deux ans, quand je partirai en retraite, tu rachètes l’entreprise. J’ai déjà parlé avec mon notaire, on peut arranger un crédit vendeur, des facilités..."

Silence.

"Quinze personnes, Margot. Fabienne qui a trois enfants. Kévin qui vient d’acheter sa maison. Sophie qui sort d’un cancer du sein et qui a besoin de ce travail pour sa mutuelle. Quinze familles."

Margot sent sa gorge se serrer.

"Monsieur Arnaud, je..."

"Je sais que c’est beaucoup te demander. Mais tu es la seule en qui j’ai confiance. La seule qui comprend vraiment ce que nous avons construit. La seule qui CROIT dans le bio éthique, pas juste dans les profits."

Il se lève péniblement, pose une main sur son épaule.

"Je ne t’en voudrai jamais, quelle que soit ta décision. Tu m’as déjà donné huit belles années. Mais... réfléchis. S’il te plaît."

Margot sort du bureau, les jambes tremblantes. Elle n’a pas eu le courage de lui parler de Paris.

### MERCREDI - 12h30, DÉJEUNER AVEC CLAIRE

Claire, sa meilleure amie depuis la fac, commande une salade César. Margot n’a pas faim.

"Attends, laisse-moi résumer," dit Claire. "D’un côté, le job de tes rêves, trois fois ton salaire, Paris, une carrière internationale. De l’autre, un patron malade qui te demande de sauver sa boîte en perdition ?"

"Dis pas ça comme ça..."

"Comment tu veux que je le dise ? Margot, écoute-toi ! Depuis quand TU es responsable de Naturalia ? Il a eu HUIT ANS pour préparer sa succession. Ce n’est pas ta faute s’il n’a pas formé quelqu’un d’autre. Ce n’est pas ta faute si ses filles ne veulent pas reprendre."

Claire pose sa fourchette.

"Et son cancer, c’est horrible, vraiment. Mais tu n’es pas sa fille. Tu n’es pas sa bouée de sauvetage. Tu es une employée brillante qui a une opportunité unique."

"Il m’a formée. Il m’a fait confiance quand j’étais junior et que personne ne voulait de moi. Il..."

"Il t’a PAYÉE pour ça ! Tu lui as donné huit ans de ta vie, Margot. Huit ans de loyauté, de résultats exceptionnels. Tu ne lui dois RIEN de plus."

Margot sait que Claire a raison. Rationnellement. Mais...

### MERCREDI - 19h00, CHEZ SES PARENTS

Sa mère, Monique, professeure de français à la retraite, sert le café.

"Ma chérie, je vais te dire ce que je pense. Tu as 34 ans. Tu n’as pas d’enfant. Thomas et toi, vous n’êtes même pas mariés. C’est LE moment de prendre des risques."

Son père, Michel, ancien syndicaliste, fronce les sourcils.

"Monique, tu simplifies. Ce n’est pas qu’une question de carrière. Il y a une dimension morale. Quinze personnes qui risquent leur emploi, c’est..."

"C’est pas SON problème !" s’emporte sa mère. "Elle n’est pas la Mère Teresa ! Elle a le droit de penser à ELLE !"

"Je dis pas le contraire, mais abandonner un homme qui a un cancer..."

"Il ne l’abandonne pas ! Elle démissionne, c’est son DROIT !"

Margot les écoute se disputer. Comme toujours, ils projettent leurs propres valeurs. Sa mère, qui a toujours regretté de ne pas avoir fait carrière. Son père, qui a toujours mis le collectif avant l’individu.

Elle rentre chez elle sans réponse.

### MERCREDI - 23h00, INSOMNIE

Margot ne dort pas. Elle fait des listes.

**SI JE PARS À PARIS :**
✓ Carrière internationale
✓ Salaire X3
✓ Thomas heureux
✓ Nouveaux défis
✓ Prestige, réseau
✗ Culpabilité énorme
✗ Naturalia coule probablement
✗ M. Arnaud malade ET ruiné
✗ 15 personnes au chômage
✗ Je me sentirai lâche toute ma vie

**SI JE RESTE À LYON :**
✓ Loyauté, fierté morale
✓ Je sauve peut-être l’entreprise
✓ Je soutiens M. Arnaud
✓ Famille et amis proches
✗ Opportunité unique perdue
✗ Thomas frustré, couple en danger
✗ Salaire médiocre
✗ Et si Naturalia coule quand même ?
✗ Regrets toute ma vie

Elle efface tout. Ça ne sert à rien.

### JEUDI - 8h00, NATURALIA

Margot croise Fabienne dans le couloir.

"Ça va Margot ? Tu as l’air épuisée."

"Oui, oui, juste un peu fatiguée."

Fabienne baisse la voix. "Tu es au courant pour Monsieur Arnaud ? Son cancer ?"

"Oui..."

"On a tous trop peur. Si lui part et que la boîte ferme... Mon mari est au chômage depuis huit mois. Mes trois enfants... Je ne sais pas ce qu’on ferait."

Elle serre le bras de Margot. "Heureusement que tu es là. Tu es la meilleure. Je suis sûre que tu vas trouver des solutions."

Margot se réfugie aux toilettes et pleure.

### JEUDI - 10h00, APPEL DE JEAN-MARC

"Margot, désolé d’insister, mais nous avons vraiment besoin de votre réponse aujourd’hui. Amanda part demain en Asie pour trois semaines. Si on n’a pas votre accord, on va devoir avancer avec les autres candidats."

"Je comprends, c’est juste que..."

"Écoutez, je vais être honnête. Vous êtes notre premier choix. Amanda vous adore. Mais nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre. Business is business."

"Je peux avoir jusqu’à 17h ?"

"Maximum. Après ça, l’offre est caduque."

### JEUDI - 11h30, ELLE RETOURNE VOIR M. ARNAUD

"Monsieur Arnaud, je dois vous parler."

Il lève les yeux, voit son visage, comprend immédiatement.

"Tu as une autre offre."

Ce n’est pas une question.

Margot hoche la tête, les larmes aux yeux.

"C’est... c’est BeautyLux. Direction marketing Europe. Un poste énorme. Ils veulent une réponse aujourd’hui."

Long silence.

M. Arnaud se lève, fait le tour du bureau, la prend dans ses bras.

"Ma petite Margot. Bien sûr que tu dois y aller."

"Mais..."

"Non, écoute-moi. Tu es brillante. Tu mérites cette chance. Je ne vais pas te retenir."

Il recule, la regarde dans les yeux.

"Mais je vais être honnête avec toi. Sans toi, je ne sais pas si on s’en sortira. J’avais mis tous mes espoirs en toi. Mes filles ne veulent pas de l’entreprise. Je n’ai personne d’autre."

Il retourne s’asseoir, soudain vieilli.

"Je vais devoir vendre. Probablement à un grand groupe qui gardera peut-être quelques employés, licenciera les autres, et transformera Naturalia en une marque parmi d’autres. Tout ce qu’on a construit... ce sera fini."

Il sourit tristement.

"Mais ce n’est pas ton problème, Margot. Tu as ta vie à vivre. Va à Paris. Réussis. Tu le mérites."

Margot sort du bureau, dévastée.

### JEUDI - 13h00, DÉJEUNER AVEC THOMAS

"Tu lui as dit ?" demande Thomas, enthousiaste.

"Oui."

"Et ?"

"Il m’a dit d’y aller. Mais... il va devoir vendre. Quinze personnes vont perdre leur emploi."

Thomas soupire. "Margot, ce n’est PAS ta responsabilité. C’est lui le patron. C’est lui qui a mal géré sa succession."

"Il a un CANCER, Thomas !"

"Et c’est horrible ! Mais ça ne change rien au fait que TU as ta vie à vivre ! Tu vas sacrifier ta carrière, notre avenir à NOUS, pour de la culpabilité ?"

"Ce n’est pas que de la culpabilité..."

"C’est quoi alors ? De l’amour filial ? Il n’est pas ton père ! De la loyauté ? Tu lui as déjà donné huit ans !"

Thomas se penche vers elle.

"Margot, je vais être direct. Si tu refuses Paris, je ne sais pas si notre couple survivra. Je ne peux plus vivre à Lyon. J’étouffe. Cette opportunité, c’est pour NOUS DEUX. Si tu dis non... je pense que je partirai quand même à Paris. Sans toi."

Margot le fixe, choquée.

"Tu me poses un ultimatum ?"

"J’appelle ça être honnête."

### JEUDI - 15h00, MARGOT MARCHE DANS LYON

Elle erre sans but. Passe devant le parc de la Tête d’Or où elle a accepté sa première mission de grande envergure avec M. Arnaud, il y a six ans. Devant le café où elle a appris que sa campagne avait gagné un prix. Devant l’appartement qu’elle partage avec Thomas.

Elle pense à quinze visages. Fabienne et ses trois enfants. Kévin qui vient d’acheter sa maison. Sophie qui sort d’un cancer.

Elle pense à M. Arnaud, les larmes aux yeux, lui disant "tu le mérites".

Elle pense à Thomas, menaçant de partir.

Elle pense à sa mère qui lui a dit "pense à TOI".

Elle pense à Amanda Fitzgerald qui l’attend au bout du fil.

Elle pense à elle, petite fille qui rêvait de conquérir le monde.

**D’un côté, Paris brûle, urgent, impératif, dernière chance, Thomas qui part, sa carrière qui flambe.**

**De l’autre, Lyon rôtit, lent, culpabilité, loyauté, quinze emplois, un homme malade, ses valeurs qui cuisent.**

### JEUDI - 16h45

Margot compose un numéro.

Son doigt tremble.

Elle respire.

Et elle parle.

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**Épilogue - Six mois plus tard**

*[Laissé volontairement ouvert - car le plus intéressant dans un vrai dilemme, c’est qu’il n’y a pas de "bonne" réponse. Juste des choix, et leurs conséquences.]*


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