Comète - une fanfiction de Morglaz : Chapitre 9

lundi 15 janvier 2018
par  Dark Funifuteur
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Morglaz nous partage le neuvième chapitre de la fanfiction mettant en scène ses personnages :
le Chapitre 1 est disponible ici
le Chapitre 2 : ici
le Chapitre 3 : ici
le Chapitre 4 : ici
le Chapitre 5 : ici
le Chapitre 6 : ici
le Chapitre 7 : ici
le Chapitre 8 : ici

PORT DE COMÈTE, Maha Tent.

Ailein et Za’Ash descendent sur le sol de Maha Tent en navette. Jack les accompagne pour la logistique. Il a pour consigne d’emporter les vivres et les fournitures que son capitaine aura choisis et de rester aux commandes de la navette jusqu’au retour du Twi’Lek et de la mystérieuse agent. Ils ont atterri sur les pontons d’amarrage de la capitale, Comète-Mouroir, plus communément appelée Comète. Ces docks sont de longs ponts qui s’étendent sur la mer pour accueillir les différentes navettes des voyageurs dans un ballet incessant. Ils sont édifiés de telle manière que l’île principale a une forme d’étoile. Toutes sortes de skiffs de liaison venus de tous les secteurs de la galaxie sont amarrés sur les pontons, toutes les couleurs, toutes les formes, toutes les tailles se mélangent en un riche défilé et se déplacent dans un bourdonnement sans fin. Car on ne peut descendre sur Maha Tent avec un cargo, un corrupteur ou un défenseur ; il faut emprunter une vedette. La plupart des vaisseaux, trop gros pour se poser, stagnent donc en orbite, formant une curieuse ceinture de bâtiments spatiaux autour de la petite lune.

Za’Ash et Ailein remontent les pontons et posent enfin le pied sur la terre ferme, sur une plage de sable blanc. A quelques pas devant eux, les portes de la cité.

- Aha, ça faisait tellement longtemps que j’étais pas venu ici !

Za’Ash semble jubiler, il a même l’air d’un enfant qui se rend pour la première fois dans un parc de jeux. Son acolyte, silencieuse, observe avec intérêt cette étonnante ville.

- Ça vous plaît, ma chère ? J’vous avais jamais amenée ici si je me souviens bien.

- C’est... Fascinant. Mais je ne m’avancerai pas sur mes impressions alors que je n’ai pour ainsi dire vu que la porte et les remparts de la capitale.

- Roh, on dit toujours que la première impression est la bonne... C’est parce qu’elle compte ! Allez venez. Vous savez pourquoi ça s’appelle Comète-Mouroir, tiens ?

Ailein tourne la tête vers son capitaine. On ne voit pas plus son visage ou son regard que d’habitude, mais ses mouvements en disent long pour qui la connaît bien. Et ce mouvement précis était si riche de sens que Za’Ash n’a pas besoin d’attendre de réponse vocale. Il se prend au jeu du guide, en poursuivant lentement sa marche pour s’engouffrer dans la ville.

- Eh bien, ma rose des vents, je suppose que le détail qui fait toute la particularité de cette ville ne vous a pas échappé, hm ? Avant d’arriver au beau milieu de cette île, il s’appelait Comète d’Arastea. Nom du chantier où il a été construit je crois. Ensuite il s’est retrouvé là et... Bon vous vous doutez qu’il est pas tombé tout droit tout bien, alors pour en faire.... Ce qu’on en a fait aujourd’hui, l’a fallu des tonnes de gens pour creuser et redresser le plancher. Tonnes de gens qui ne vivent pas vieux vu les circonstances de travail. Entre les maladies, les écrasements, la fatigue, les trucs et les machins, enfin bref, tout ces décès ont valu au cette entreprise le doux surnom de "mouroir", là où on va mourir, j’vous apprends rien. Enfin je suppose que vous vous doutiez que c’était une histoire dans ce parfum là...

Agrémentant ces explications de gestes pour se donner un air intellectuel, Aven’Za’Ash poursuit sa route avec Ailein qui l’écoute avec intérêt, sans cesser d’inspecter les alentours au fur et à mesure de leur progression.

L’endroit est baigné de lumière et regorge de badauds de toutes sortes et de toutes espèces. Comète-Mouroir est une île-ville, et si de prime abord on pourrait se demander la raison d’être des remparts qui la bordent puisque la lune n’est pas peuplée de populations hostiles, elles sont utiles pour bloquer les déferlements d’eau et l’ensablement. A l’intérieur des palissades de la ville s’étendent par dizaines des échoppes aux tentures multicolores, avec des tapis posés sur le sable et quelques arbres aux formes exotiques par endroits. On y vend de tout à tous les prix, dans un heureux brouhaha, comme si cet endroit était privé de misère et de conflits. Tant de gens fourmillent dans les allées, troquant et achetant de toutes parts, qu’il paraît impossible de loger tout le monde. Tout au bout de ces halles de vente à ciel ouvert s’élève un genre de mont gris, lui même surmonté de auvents aux couleurs joyeuses, dont on peut se demander comment ils tiennent sur les flancs métalliques et abrupts en duracier du Comète. On y lit, en grosse lettres imprimées, le mot "Comète", mais la suite de la phrase a été raturé et remplacé par une écriture à la main qui complète le nom de la vile : Mouroir.

Car le cœur de la ville se trouve en réalité à l’intérieur, dans les entrailles de l’épave du Comète d’Arastea, autrefois un vaisseau de commandement appartenant à la République Galactique. L’essentiel de la ville, des habitations et des loisirs se tiennent en réalité à l’intérieur de cet astronef reconverti.

- Suivez moi, Ailein. Et si on vous embête, dites que vous êtes ma copine, plaisante Za’Ash en offrant son bras à sa compagne, sans espérer qu’elle le suive dans sa boutade. Comme prévu, elle le laisse tendre le bras dans le vide avec toute l’indifférence du monde.

- Twi’lek, annonce Ailein en suivant toujours son guide qui parcourt désormais les couloirs, ou les rues surpeuplées de Comète.

- Oui ma dame ?

- Si ce vaisseau appartenait à la République, alors la République doit avoir connaissance de ce lieu.

- Apparemment pas... Sinon je doute que leurs vaisseaux qui s’arrêtent à Praadost, la planète la plus proche sur l’Hydian, continueraient à se faire prendre aussi facilement par les pirates. J’veux dire, ils se douteraient bien qu’ils viennent d’ici...

Ailein ne répond pas, bien sûr, la réponse semblait évidente.

Ils poursuivent leur route et atteignent ce qui, avant, incarnait le pont de commandement. La porte ouverte est surveillée par un vigile et des néons lumineux d’un rose criard ornent la partie supérieure de l’entrée, arrangés de sorte qu’ils forment le nom du lieu : L’Antre de la Mort. Aven s’y engouffre, suivi de près par une Ailein dubitative. Un sombre couloir débouche sur l’ancien pont de commandement transformé en cantina. La première passerelle surplombe une aire dégagée, anciennement la fosse qui accueillait des ordinateurs de bord de pointe, et qui fait désormais office de piste de danse. Cette dernière est animée par une boule lumineuse automatique qui stagne au dessus de la piste et projette des rayons multicolores, où quelques danseurs agitent frénétiquement bras et jambes.

Elle se sépare en deux escaliers latéraux qui mènent sur les côtés de la pièce, toute en longueur. En face de ce balcon, un autre couple d’escaliers mène à un nouveau contrehaut, de sorte que la piste de danse soit bordée de deux cotés par des murs. Le long des parois de la pièce, entre les escaliers qui se font face, encadrant la fosse de danse, sont alignées des tables de bar, rondes, avec leur surface rétroéclairée pour ne pas perdre de vue sa boisson dans l’obscurité relative de l’endroit.

Za’Ash et sa fidèle Ailein descendent le premier escalier latéral, serpentent entre les tables et se rendent directement au fond de la pièce, montant les marches en face. Là, l’immense bar de plusieurs mètres de long et surmonté d’écrans semble leur tendre les bras, le comble étant qu’un Besalisk en tenait la barre, quand on sait que cette espèce alien est dotée de deux paires de bras. Des serveuses, employées du club et froidement vêtues, circulent plateau à la main sur les deux étages.

- Les bars, rien de mieux pour commencer une petite recherche d’emploi pas vrai, lance le Twi’Lek à sa compagne en l’invitant à s’asseoir.

Le bar est un peu plus éclairé que la fosse de danse. Il se trouve sous la voûte vitrée du pont de commandement, l’endroit même où en temps normal un commandant de bord observe l’immensité de l’espace en donnant ses ordres, et est ovale pour offrir plus de place à la consommation, si bien que l’alien qui en est responsable tourne sur lui-même pour contenter chaque client. Bien qu’attaquées par la poussière, les immenses fenêtres rendent encore assez de jour pour reconnaître ses pieds. Pour préserver les danseurs d’un surplus de lumière naturelle et leur laisser le plaisir de s’exprimer sous les rayons de la boule lumineuse, de grandes pièces de tissu sont suspendues entre la zone de la piste et le bar afin de limiter le parasitage. Za’Ash commande un Brandy Corellien sans s’enquérir des possibles envies d’Ailein. Il l’informe qu’il va questionner son entourage et l’enjoint à faire de même de son côté.

Ailein se lève et va se poster en haut de l’escalier, jetant un coup d’œil à la partie "club" de l’Antre de la Mort. Quelques aliens discutent à table, tandis que les amateurs de danse continuent de se déhancher lamentablement sous les lumières abrutissantes de la boule festive. Un terminal d’ambiance fait office d’orchestre, appuyé contre la paroi de la piste, laissant la liberté aux clients qui le souhaitent d’acheter un jeton pour mettre la musique qu’ils veulent. Un Bith, alien au crâne démesuré et chauve, semble en pleine altercation avec un humain et un Anomide, abominable humanoïde au visage fripé, d’une extrême pâleur et pourvu d’un masque vocal. Apparemment, ils ne sont pas d’accord sur le prochain morceau à faire passer.

Au cours de ses voyages, Ailein a beaucoup appris sur les espèces alien, bien qu’il en existe des variations infinies. Les Anomides ont cette particularité d’avoir su s’équiper pour s’adapter. A l’origine, ces aliens n’ont pas de système vocal et sont forcés de parler par gestes mais depuis un certain temps, ils se dotent de masques leur conférant une voix synthétique. Sachant cela, Ailein esquisse un sourire sous son masque, voyant l’alien en question accompagner ses paroles de grands gestes, reliquats de son mutisme ancestral. Cependant, l’agent Ailein ne trouve pas de potentiel employeur parmi ces arriérés. Elle fait volte-face et se redirige vers le bar jusqu’à ce que son regard s’arrête sur un homme assis tout au bout du comptoir. Il est seul, contemplant sa boisson avec un air las. Intriguée, et sans même comprendre pourquoi il a éveillé son intérêt, elle s’approche de lui, s’assoit à son côté et le regarde sans mot dire. Il est plutôt jeune, athlétique, brun, avec une belle figure, mais son regard est presque triste.

- Salut, la blanche, lance-t-il, plutôt avenant. On voit pas souvent de blanc par là. On est plutôt branché couleur. Joli manteau.

- Merci.

Posé sur le sol aux pieds de l’homme, il y a un casque. Voyant qu’elle a tourné la tête vers son couvre-chef, il la rassure avec douceur.

- T’inquiète. C’est de l’histoire ancienne. C’est pour ça qu’on vient tous là, non ? Pour faire fi du passé... Enfin, bref... A part ça, qu’est-ce qui t’amène ?

Il boit une gorgée tandis qu’Ailein relève la tête vers lui. Elle penche un peu la tête, et prend le temps de choisir ses mots avant de répondre.

- Nous cherchons du travail, mon capitaine et moi.

- Et moi je cherche mon ticket de sortie de ce trou à rats.

Piquée par ce sursaut d’insolence, Ailein dodeline furtivement de la tête, comme gênée par un insecte volant qui viendrait lui chatouiller le nez.

- Désolé, c’est pas une façon de parler aux gens. Disons que... J’en ai un peu marre. J’pensais avoir trouvé des contacts mais en fait ils sont aussi bornés que mes anciennes... Connaissances. Et maintenant en plus d’être recherché par les anciens, faut aussi que j’arrive à fausser compagnie aux nouveaux.

- Tiens donc. Marginal ?

- Hm, j’ai mes idéaux et... On va dire que je suis incompris. Sauf que de là où je viens, si tu désertes, t’es traqué jusqu’à la mort. En gros.

- Je connais mal les mandaloriens.

- Je vois que madame est une experte.

- Incorrect, je viens de vous dire que je connais mal votre culture. Mais il est aisé de reconnaître un casque de ce genre.

- A qui ai-je l’honneur ?

- Ail... Je m’appelle Aia.

L’homme sourit en coin en dévisageant ce qu’il peut du masque d’Ailein, captant ce petit mensonge.

- Je m’appelle Naakla. Je vous offre un verre ?

- Bien tenté. Mais pour boire il faudrait que j’enlève mon masque et c’est une chose que je ne fais qu’en l’absence totale de public. En outre, l’alcool n’est pas une boisson que je consomme.

- Le jus de baie est garanti sans alcool vous savez.

- Je vous invite à vous référer à la première raison.

Naakla s’est redressé légèrement au fur et à mesure de la discussion, réveillé par la compagnie d’Ailein, la mystérieuse. Il l’observe avec un certain amusement, dévorant du regard les traits de son masque.

- Et qu’est-ce que vous cherchez comme travail ? Vous n’êtes peut-être pas trop du genre à être une danseuse d’agrément...

- Correct. Nous sommes dans le commerce. Fournisseurs d’êtres vivants.

- Tiens donc, vous êtes des chasseurs, quelque chose comme ça ?

- Quelque chose comme ça.

- J’aimerais vous aider mais dans mon histoire, la proie, c’est moi.

- Je ne vous en tiens pas rigueur.

- Vous avez un holocom ?

- Correct.

- Vous me passeriez vos coordonnées ?

- Dans quel but ?

- Ne quittez pas cette lune sans m’en avertir. Il y a trop peu de gens avec de l’éducation ici, et avec votre.... Charisme. Je ne peux pas vous laisser partir comme ça. Et je suis persuadé que vous avez beaucoup d’autres cordes à votre arc.

- Correct.

Ailein sort son holocom afin de transmettre ses coordonnées à Naakla. Elle hésite à peine à le faire, aussi étonnant que cela puisse paraître. Soudain, Za’Ash l’apostrophe par dessus son épaule.

- Ailein, trésor, vous avez regardé les infos ?

Il désigne un écran au dessus du bar, qui diffuse diverses informations et offres de contrats. Parmi les primes recensées figure l’identité de la Czerka : Ailein Duin, une parmi les agents de l’ancienne entreprise déchue, une parmi ceux qui ont échappé aux griffes des autorités. Pour illustrer l’avis, on a utilisé l’image de profil du temps de son travail au sein des industries Czerka, tirée des archives pillées, où fort heureusement elle est toujours cachée de la tête aux pieds, dans son long manteau aux couleurs de l’entreprise. Za’Ash se renseigne auprès du barman.

- Ce canal, là, là-haut, c’est quel flux ? Empire ? Vous captez l’Empire ? C’est qui ?

L’alien hausse ses épaules massives en secouant négativement la tête, ne sachant vraisemblablement pas d’où proviennent les programmes qu’il diffuse. Pendant ce temps, Ailein a levé les yeux vers le terminal tout comme Naakla, qui affiche une mine contente. Il pose son regard sur Ailein, démasquée.

- Vous devriez peut-être chercher l’origine de la prime sur un terminal des primes, s’enquit-il. Apparemment vous avez bonne connaissance de l’identité de la personne recherchée...

- Par tout le bestiaire de Belsavis ma dame, vous avez déjà divulgué votre nom ? Essayez de faire profil bas, dans cette tenue vous êtes peut-être méconnaissable, et encore, mais de grâce essayez de vous tenir, j’vous en supplie.

- Incorrect. C’est vous qui m’avez nommée tout à l’heure.

Za’Ash prend une inspiration pour répondre mais s’arrête net en réalisant qu’elle a raison : C’est bien lui qui, quelques minutes plus tôt, a appelé Ailein par son nom devant témoin. Le duo se tourne vers Naakla, qui leur adresse un sourire complice.

- Je crois qu’on va avoir un petit marché tous ensemble.

À suivre...

© Morglaz McLeod


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